Videogames of the oppressed

mercredi 4 novembre 2015, par yfesseli

FRASCA Gonzalo, 2001, Videogames of the oppressed : videogames as a mean for critical thinking and debate, mémoire de master, Georgia Insitute of Technology

Ce mémoire propose d’adapter aux jeux vidéo les éléments de travail du dramaturge brésilien Augusto Boal (notamment le « théâtre de l’opprimé »), où le personnage du « spect-acteur » est développé : par sa participation, le public est incité à réfléchir sur des situations sociales exprimant des rapport de forces. Gonzalo Frasca commence par analyser les différents types de jeux vidéo et de règles ; il distingue la paideia (règle qui explique le fonctionnement du jeu) de la ludus (règle qui détermine comment gagner). En se servant des concepts issus de la sémiologie (surtout Peirce), il montre comment la simulation est un système qui peut être interprété lui-même de différentes façons : aucune modélisation n’est neutre. Un joueur totalement débutant pourrait croire que Pong est un jeu où il s’agit d’éviter la balle, et non de la renvoyer comme au tennis de table. Gonzalo Frasca décrit ensuite le travail d’Augusto Boal et montre comment l’appliquer aux jeux vidéo, à travers plusieurs exemples. Ainsi, dans Les Sims, on pourrait simuler des personnages « plus réels », en intégrant la réflexion des joueurs. La démonstration de l’auteur est cependant moins convaincante lorsque l’auteur propose de simuler une situation sociale problématique en modifiant des jeux plus « classiques » (Space Invaders). Si l’idée d’un jeu reconstruit par les joueurs pour s’interroger sur la société est intéressante, on peut aussi regretter que Gonzalo Frasca n’explique pas en quoi la simulation enrichit ou facilite cette réflexion et si on peut encore parler de « jeu » vidéo dans ces conditions.

Ce mémoire est disponible en ligne