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lundi 14 septembre 2015, par Elsa Crousier

EMPIRES IMPÉRIALISMES ET RÉSISTANCES
EN AMÉRIQUE LATINE ET DANS LES CARAÏBES

L’objectif principal du laboratoire junior EIRALC est d’interroger les concepts d’empire, d’impérialisme et de résistance en mettant sur le devant de la scène la pensée critique latino-américaine. Il nous semble, en effet, que penser ces trois phénomènes en Amérique Latine et dans les Caraïbes, c’est non seulement comprendre comment ils s’appliquent au contexte latino-américain et caribéen mais surtout saisir la manière dont il sont pensés par des chercheur-e-s latino-américain-e-s et caribéen-e-s qui écrivent depuis le sous-continent, et ce sur le long terme. C’est pourquoi nous souhaitons aborder cette problématique depuis l’Amérique Indienne jusqu’à nos jours.

Un premier cycle d’études sera consacré à la définition des trois concepts à partir du croisement des épistémologies européennes et latino-américaines dans le cadre du tournant global des sciences sociales.
Cette première étape nous permettra, lors d’un deuxième cycle d’études, de développer une réflexion sur les Empires latino-américains en questionnant la validité du terme lorsqu’on l’applique à l’histoire large du sous-continent, c’est-à-dire en partant des « empires » Aztèque et Inca jusqu’au « sous-impérialisme » brésilien sans oublier les deux expériences impériales mexicaines ainsi que l’empire brésilien, au XIXe siècle.
Le troisième cycle d’études sera consacré à la question des résistances qu’elles soient organisées — mouvements sociaux, révolutions, etc. — ou « diffuses » — artistiques, littéraires, linguistiques ou intellectuelles. L’objectif du cycle d’études est d’interroger la réappropriation des répertoires d’action collective afin de tenter de voir s’il existe une spécificité latino-américaine et caribéenne. Nous souhaitons également penser les résistances comme un phénomène inhérent à toute forme d’hégémonie politique impériale ou impérialiste s’imposant de l’intérieur ou de l’extérieur.
Le cannibalisme et l’anthropophagie culturelle feront l’objet du dernier cycle d’études d’EIRALC. Nous cherchons à comprendre comment d’un instrument de désignation d’identités au service de l’exercice d’une domination coloniale, le trope cannibale est réapproprié comme un outil de résistance par des mouvements sociaux et intellectuels latino-américains et caribéens « subalternes » cherchant à affirmer leur place légitime dans l’histoire du sous-continent.